« La communication financière de l’entreprise ne doit pas être uniforme »

TG - 22/04/2010

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Créé en 1936, le Groupe Maïsadour compte plus de 3 000 salariés pour un chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros. Cette coopérative collecte des céréales (essentiellement du maïs), et produit des semences, de la nourriture animale, des canards, des poulets, et des légumes frais et industriels. La commercialisation des productions animales est assurée par la branche gastronomique du groupe, bien connue sous le nom de Delpeyrat. Son trésorier Jacques Granier explique les évolutions de sa fonction.

NewCFO : Maïsadour est une coopérative qui pèse désormais plus d’un milliard d’euros. Cela structure complique-t-elle votre travail de trésorier ?

Jacques Granier : Cette spécificité constitue d’abord un atout. Le modèle coopératif nous permet de démontrer chaque jour notre attachement [...] au département des Landes, où est situé le siège de Maïsadour, et plus généralement aux territoires du Sud-Ouest. La principale contrainte que nous devions gérer était la consolidation des résultats de plus de 50 entités juridiques, représentant sept métiers que nous appelons « branches ». Au final, nous avons scindé l’activité du groupe en un pôle Amont, qui correspond en résumé à la production, et un pôle Aval, qui concerne la commercialisation.

Ce premier défi a été relevé notamment grâce à la modernisation de notre système d’information. Par ailleurs, comme l’ensemble des acteurs des filières agricoles et agroalimentaires, nous devions faire face à la volatilité croissante des cours des matières premières et des taux d’intérêt. Là encore, nous disposons désormais d’outils qui nous permettent d’anticiper ces fortes variations.

NewCFO : La notion de « culture cash » a-t-elle un sens dans un contexte tel que le vôtre ?

Jacques Granier : Bien sûr que oui, même s’il n’est pas indispensable d’utiliser textuellement cette expression du matin au soir. Les principaux indicateurs que nous surveillons sont liés à l’évaluation de nos besoins en fonds de roulement, et donc au suivi des stocks, du compte clients et du compte fournisseurs. En ce qui concerne les stocks, nous cherchons bien sûr à travailler le plus possible en flux tendus. Pour le compte clients, nous avons optimisé les processus de recouvrement. Quant au compte fournisseurs, nous négocions sans cesse les meilleurs délais de paiement, dans les limites du nouveau cadre législatif. Au niveau budgétaire, le verdict reste pour nous l’excédent brut d’exploitation. Sur tous ces sujets, la Loi de Modernisation de l’Economie doit permettre de faire évoluer les mauvaises habitudes.

NewCFO : La dégradation du contexte économique vous a-t-elle amené à modifier l’ordre de vos priorités ?

Jacques Granier : La crise nous a notamment conduits à être plus vigilants que jamais sur deux points déterminants. Le premier est le suivi des clients, qui sont également souvent des fournisseurs et des membres de la coopérative. Le second est la sensibilisation de l’ensemble de l’entreprise à l’importance du niveau de trésorerie, dans un contexte où les cours sont très volatiles. Entre autres exemples, nous demandons aux équipes commerciales de gérer les relances des clients pour les paiements.

NewCFO : Selon vous, comment et vers qui devez-vous communiquer ?

Jacques Granier : Le premier point est que les informations doivent être catégorisées en fonction des publics concernés. En la matière, le travail ne porte pas sur les informations elles-mêmes, mais sur leur mise en forme. On ne peut pas avoir une présentation uniforme pour les adhérents de la coopératives, les banques, les clients, les fournisseurs, etc.

Dans tous les cas, notre rôle en tant que financiers est de fournir le plus grand nombre d’informations pertinentes et de démontrer que l’entreprise mérite la confiance de ses interlocuteurs et de ses partenaires. Certes, les banques sont logiquement plus demandeuses d’informations qu’auparavant, mais nous communiquons également davantage vers les clients, dont les enseignes de la grande distribution, qui attache une importance croissante à la fiabilité de leurs fournisseurs.

A retenir : L’expérience de Maïsadour confirme que le modèle économique des coopératives peut parfaitement intégrer une dimension de culture cash. Dans ce cas, le service financier doit pouvoir assurer une veille continue des indicateurs liés à la trésorerie, ce qui implique souvent la mise en place de nouveaux outils informatiques.

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Maïsadour est équipé de la solution de gestion Sage FRP Treasury.






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