Filiale de Météo France créée en 2007 et spécialisée dans l’analyse des effets de la météo sur l’activité des entreprises, Metnext* leur fournit notamment des indices d’impact afin qu’elles gèrent au mieux la part d’incertitude liée à l’élaboration des prévisions budgétaires. L’analyse de Frédéric Bardoux, Directeur et CEO de Metnext.
New CFO : Les prévisionnistes météo et les directeurs financiers font-ils le même métier ?
Frédéric Bardoux : Il y a sans doute des points communs, mais la question pour nous serait plutôt : les directeurs financiers ont-ils besoin de prévisions météo ? La réponse est oui pour au moins une entreprise sur six selon les sondages que nous avons réalisés en analysant pas moins de 600 rapports annuels. On pense par réflexe à l’agriculture, mais ce n’est pas le principal secteur consommateur de données météorologiques. Nos premiers clients sont les filières de l’énergie, du tourisme, de la distribution ou de l’agroalimentaire. Si l’on prend des périodes extrêmes, comme les étés 2003 ou 2009, la chaleur a généré jusqu’à 80% de la croissance de certaines entreprises, comme les fabricants de glaces.
New CFO : Mais il reste impossible de prévoir si l’été ou l’hiver 2011 seront particulièrement chauds ou froids. Quel est alors votre rôle ?
Frédéric Bardoux : Notre rôle ne consiste pas à supprimer toute part d’incertitude. C’est impossible en effet. Notre vocation consiste à mieux la gérer, de sorte à neutraliser l’essentiel des impacts financiers pour les entreprises dites « météo-sensibles ». Dans les secteurs que j’ai cités, nous sommes généralement en contact avec les DAF et les responsables opérationnels pour élaborer des scénarios climatiques, qui influent logiquement sur l’élaboration des budgets. Comment va évoluer le chiffre d’affaires en fonction des conditions météo ? Cette prévision là est possible.
New CFO : Les DAF utilisent des outils de plus en plus puissants pour élaborer les budgets. Vos prévisions sont-elles également de plus en plus précises sur des échéances de plus en plus lointaines ?
Frédéric Bardoux : Il est certain que la qualité de la prévision à court terme s’améliore. Au cours des dernières décennies, nous avons en moyenne gagné une nouvelle journée de prévisions fiables tous les cinq ans et nous en sommes, pour schématiser, à deux semaines. Cela n’est pas suffisant pour établir des budgets.
Les meilleures projections sont celles qui sont fondées sur les analyses les plus poussées du passé, des moyennes, et qui identifient clairement la fourchette d’incertitude. La météo n’est une « inconnue » de l’équation budgétaire que si elle n’est pas prise en compte. Par ailleurs, la variable climatique n’est pas la seule à prendre en compte dans la préparation des budgets. A l’automne 2009, les DAF ne s’attendaient probablement pas à ce que la « météo sociale » de cet automne 2010 soit aussi dégradée…
* Metnext en bref : Créée en 2007, l’entreprise compte 12 collaborateurs et a pour principaux actionnaires Météo France (65%), NYSE Euronext et la Caisse des Dépôts et Consignations. Parmi les références de Metnext, on peut notamment citer EDF, GDF SUEZ ou POWEO pour le secteur de l’énergie, L’Oréal, Décathlon, Danone ou Nivea pour la grande consommation, Pimkie et La Halle pour les vêtements ou encore Pierre & Vacances pour le tourisme.



