A Sophia-Antipolis, l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique) présentait l’autre jour de nouvelles solutions logicielles pour favoriser le partage de données en entreprise. Un business qui explose avec le développement des smartphones et des tablettes. Le véritable envol du télétravail est peut-être bien pour tout de suite. La France a du retard.
Bien des sociologues du travail vous l’expliqueront, la collaboration à distance reste difficile à instaurer. « Ce n’est pas dans la mentalité française », m’expliquait l’un d’entre eux. « Ici, un salarié qui n’est pas au bureau est un salarié qui ne travaille pas ». Seuls 8,4% des salariés français ont télétravaillé en 2009, contre 27% aux Pays-Bas et 30% aux Etats-Unis, selon une étude du cabinet Roland BERGER. C’est encore bien peu. D’après cette même étude, nous devrions être 50% à avoir adopté le télétravail d’ici 5 à 10 ans. C’est dire l’ampleur de ce qui se profile.
Car les lignes bougent. Beaucoup de managers ont déjà compris tout les bénéfices que leurs entreprises pouvaient en retirer – les prix de l’immobilier d’entreprise et le coût d’un poste de travail constituent un puissant levier. Mais pas seulement : souvent plus épanoui, le salarié télétravailleur est plus impliqué dans son entreprise. Et aussi plus fidèle, ce qui veut dire moins de turnover. Loin d’être négligeable.
La journée de « travail-pyjama », avec la perte de lien social et professionnel qui l’accompagne, tend à disparaître au fur et à mesure que ces mêmes dirigeants comprennent l’importance de baliser le terrain en amont. Le télétravail, oui, mais concerté : la définition des missions, l’organisation. Le maintien de liens physiques entre les équipes. Le suivi en contact étroit avec la médecine du travail.
Tout est prêt pour un développement spectaculaire. A la conscience des avantages du télétravail, doit maintenant s’ajouter le partage de l’expérience entre DRH, de sorte que les nouveaux adeptes s’adaptent mieux et plus vite à cette organisation.



