Au-delà de ses dimensions macro-économiques, le feuilleton à rebondissements du « sauvetage » de la Grèce doit nous amener, nous les directeurs financiers, à nous poser des questions encore plus proches de notre quotidien. Et pourquoi pas une relecture du Mythe de Sisyphe ?
Petit rappel. Puni par les dieux, Sisyphe est condamné à porter un bandeau et à pousser en haut d’une montagne un rocher. Mais le rocher redescend dans la vallée à chaque fois que le but s’approche. Le parallèle est bien sûr facile à établir entre ces dieux, les « marchés » et les agences de notation. Soit. Mais qu’est-ce que cela veut dire pour une entreprise ? La lecture d’Albert Camus, dans sa pièce « le Mythe de Sisyphe », nous donne deux clés.
« Tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle ». Il faut accepter de regarder les choses en face, faire tomber le bandeau pour comprendre pleinement sa situation. Pour cela, le DAF doit pouvoir s’appuyer sur des chiffres certains – quitte à tout remettre à plat après des années d’habillage des comptes. Le plus on attendra, le plus bas le rocher roulera.
« Le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. ». Arriver où ? On n’arrive à rien sans distinguer le but. S’il est trop lointain, on a bien peu de chances d’y parvenir. Alors qu’en découpant le chemin en une succession d’objectifs, on peut à la fois garder espoir et le redonner à son environnement : ses salariés, ses actionnaires, ses clients.
Plus que jamais, il nous faut apprendre à penser différemment. C’est l’essence de la philosophie… il est temps de s’y remettre !
* : nous sommes tous des grecs



