Prêts pour l’Europe des paiements ?

MT - 24/11/2010

paiement-sepa-europe

Si la monnaie unique est une réalité en ce qui concerne les espèces, les pratiques de règlement ont peu évolué au cours des dix dernières années et restent pour le moins disparates dans les différents pays de la zone euro. La mise en œuvre du SEPA, actuellement en cours, conduit à uniformiser rapidement ces pratiques. Rappel des enjeux.

L’acronyme « S.E.P.A. » va rapidement s’imposer à chaque citoyen européen. Rappelons-en la signification : Single Euro Payments Aera, en français : espace unique de paiement en euros.

Dans les faits, le projet n’est pas nouveau : il est le prolongement naturel du passage à la monnaie unique et a été formalisé dès 2006. Ces dernières années, la notoriété du SEPA est restée cantonnée à la sphère financière. Le sujet ne concerne pourtant pas que les trésoriers.

Au fur et à mesure des échéances de sa mise en œuvre, force est de constater que ce dispositif concerne tout le monde. Et, logiquement, tous les services des entreprises seront prochainement concernés, en l’occurrence dès 2011.

Quelle est l’importance de l’enjeu ? Avant d’évoquer les principales évolutions liées à la création du SEPA, il faut rappeler que cette nouvelle construction européenne conduit à harmoniser les paiements sur les aspects techniques tarifaires et juridiques dans 32 pays d’Europe. Il suffit de rappeler à quel point chacun d’entre eux a des pratiques différentes en la matière pour mesurer l’ampleur du changement en cours.

Le véritable passage à une monnaie unique ?

Certains spécialistes considèrent que la mise en œuvre du SEPA correspond au véritable passage à la monnaie unique, dix ans après l’adoption de nouvelles pièces et de nouveaux billets. Les moyens de paiement concernés sont les paiements par virements, par prélèvements et enfin les transactions par cartes bancaires.

Pour le reste, les formats et les tarifications seront identiques partout au sein de la zone définie dans le cadre du SEPA. Les virements au format Sepa (SCT, soit Sepa Credit Transfert) sont déjà une réalité : ils sont disponibles depuis janvier 2008. Désormais le calendrier se précise quant aux autres moyens de paiement. En effet, la Commission Européenne pourrait prochainement fixer de réelles échéances, afin notamment d’harmoniser au plus vite les moyens de paiements dans les 32 pays d’Europe concernés.

Un projet bientôt incontournable en France ?

En France, la progression des paiements SEPA devrait d’ailleurs s’accélérer dans les prochains mois. En effet, la sphère publique : Pôle Emploi, Sécurité Sociale, Caisses d’Allocations Familiales… va progressivement adopter ces nouveaux formats pour ses paiements, de sorte à rejoindre plus rapidement les critères qui définissent la masse critique. Car selon les règles fixées par le Comité national SEPA, c’est l’atteinte d’un niveau de 50% des donneurs d’ordres et de 75% des volumes échangés sur le marché au format SCT qui déclenchera pour l’ensemble des entreprises françaises l’obligation de se conformer aux nouveaux formats de paiement SEPA.

Voir au-delà des contraintes et vendre un projet à fort ROI à votre Direction Générale

La mise en œuvre du SEPA est trop souvent vécue comme une contrainte, du fait qu’elle touche l’ensemble du système d’information, bien au-delà d’un simple changement de protocole d’échanges bancaires. Et il est exact que l’adoption du format SEPA a également un impact sur différents modules de l’ERP de l’entreprise. Mais cette évolution indispensable des systèmes d’informations fait également apparaître de nouvelles opportunités pour les entreprises.

Parmi ces opportunités : optimiser les process de gestion internes, réduire ses coûts en mutualisant l’infrastructure technique, renégocier ses conditions bancaires à la baisse. Ou encore, l’opportunité de sécuriser davantage son système avec par exemple la mise en place de la signature électronique, ou l’optimisation des liquidités par la mise en place d’un cash pooling…

Ces projets de refonte doivent être réalisés avec un réel objectif d’optimisation et de recherche de ROI, ils seront ainsi l’occasion d’apporter une véritable valeur ajoutée à l’entreprise.

Liens






Réagissez à cet article

Vous adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs marqués avec un astérisque (*) sont obligatoires

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>


Derniers articles

Associer les DAF à la conquête des nouveaux marchés


FJ - 02/05/2012

Dominique Brunin, délégué général de l’UCCIFE, rencontre régulièrement des dirigeants de PME désireux de se lancer à l’international. Et parmi eux, trop peu de Directeurs Financiers, qui ne s’associent à la démarche que plus tard dans le processus. Et parfois trop tard ! Car l’approche du risque par les CFO, (...)

Lire la suite


La sérénité sur internet coûte cher… mais moins qu’une e-réputation détruite


FJ - 18/04/2012

Manipulations psychologiques, kidnapping de données, blocages complets de sites industriels, attaques délibérées sur l’image ou les produits d’une marque, « ingénierie sociale »… : l’expert en sécurité numérique Jean-Paul Pinte nous dresse ici un tableau des nouvelles menaces qui doivent préoccuper les directions financières. Effrayant ! Et forcément de nature à (re)mettre en route (...)

Lire la suite



Articles liés

Banques et PME : la clarté pour (re)trouver un partenariat équilibré


FJ - 01/02/2012

Des PME qui se sentent incomprises. Des banques qui se savent mal-aimées. Les incompréhensions ont (...)

Lire la suite



Délais de paiement : la corde au cou des PME


TG - 16/01/2012

S’il est une ligne que les DAF surveillent comme le lait sur le feu, c’est (...)

Lire la suite



Euro, fromage et mathématiques financières


LR - 03/11/2011

Le temps n’est pas si lointain où les entreprises devaient se préparer à l’euro. C’était (...)

Lire la suite







(publicité)