Le « Fast close » : qualité ET rapidité pour les comptes de l’entreprise

FJ - 05/01/2011

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Décembre, mois des clôtures, moment idéal pour réfléchir à l’accélération de la production des comptes ? Au delà de ses effets – voulus par le régulateur – sur l’efficacité et la fiabilité des processus, et sur la transparence de l’information financière, le « Fast Close » s’avère un véritable projet d’entreprise. Il permet de réconcilier la comptabilité et la gestion sous le double signe de la qualité et du pilotage. Un objectif vertueux que nous détaillent Bernard Montier et François Gonçalves, de BM&A.

Les régulateurs l’ont voulu, les entreprises l’ont fait. Comme le soulignent François Gonçalvez et Bernard Montier, Associé et Senior Manager chez BM&A, (Bellot, Mullenbach & Associés), 6ème cabinet français en termes de mandats de sociétés cotées sur le SBF 250, elles auraient même tendance, après quelques années de tâtonnement, à en découvrir toutes les vertus, bien en delà des objectifs réglementaires initiaux de transparence financière et de fiabilisation de la production des comptes.

Rappel : dès le début de la décennie 2000, les normes IAS/IFRS voient le jour aux USA, avec en toile de fond, l’exigence d’une plus grande lisibilité des comptes des entreprises, notamment après le scandale causé par la faillite retentissante – et imprévue par les analystes – de la société Enron. Parmi les nouveautés introduites par ces nouvelles normes, l’obligation de production de comptes trimestriels est explicite. Pour les sociétés françaises cotées à la bourse américaine, IAS/IFRS deviennent effectives en janvier 2005. Les analystes américains détestent attendre : de façon implicite voit le jour la nécessité de communiquer rapidement sur les résultats.

Le mouvement atteint rapidement l’Europe, rappellent les deux experts de MM&A : « La loi de la modernisation de l’économie du 20 janvier 2007 et de l’ordonnance n° 2008-1278 du 8 décembre 2008 transposant la directive 2006/43/CE du 17 mai 2006, imposent respectivement aux sociétés cotées de publier l’information financière dans des délais de plus en plus courts et de s’assurer de la fiabilité des processus d’élaboration des comptes dans le respect des objectifs de transparence, d’exactitude et de fiabilité ».

Une opportunité plutôt qu’une obligation

Avec deux ans de recul, force est de constater que la pratique de ce qu’il est convenu d’appeler « Fast Close » (sans d’ailleurs qu’il existe de définition pour ce concept), s’est étendue largement au delà du cercle des sociétés cotées. « De nombreuses entreprises s’en servent aujourd’hui pour mieux communiquer avec les fonds de pensions, pour établir des statistiques et, plus généralement, comme outil de pilotage économique » explique ainsi Bernard Montier.

Un projet « Fast Close » peut se diviser en trois phases

La première concerne l’accélération de la production proprement dite. Il s’agit de fluidifier des flux d’informations, entre des sites et des systèmes d’information qui ne se « parlent » pas toujours très bien, éventuellement de faire évoluer ces derniers dans le sens d’une plus forte intégration. Le projet informatique qui en découle présentera une complexité différente selon la cartographie des flux de l’entreprise, l’existant informatique et les objectifs à atteindre en termes de rapidité.

La seconde phase démarre avec la communication financière des résultats. Pour les sociétés du SBF120, par exemple elle doit s’exercer au plus tard 60 jours après la fin de période, ce qui ne manque pas de poser problème en été, pour les comptes semestriels. Surtout, il fait intervenir de nombreux acteurs hors de la direction comptable, notamment la direction de la communication et bien entendu la direction générale. A cet égard, l’exercice est significatif des enjeux organisationnels du « Fast Close ». Comme l’explique François Gonçalves, « la disponibilité de l’information n’est pas une fin en soi, même si elle satisfait le régulateur. »

Bernard MontierL’autre enjeu majeur est la fiabilité de l’information produite. A ce titre, le véritable retour sur investissement va plutôt provenir de la nouvelle capacité de la DAF à passer en revue tous les processus opérationnels et financiers de l’entreprise, par exemple les ventes pour détecter les mauvais payeurs ou les clients à risque, la gestion des stocks, les systèmes de prise de commande… Il est fondamental que la direction générale de l’entreprise prenne ici le relais des comptables pour faire éventuellement bouger son organisation et tirer ainsi tout le parti du « Fast Close ».

La troisième phase n’a pas véritablement de terme : Il s’agit d’organiser l’itération du projet « Fast Close » pour obtenir des délais raccourcis de mise à disposition des résultats ou de détecter de nouveaux indicateurs pour le suivi de la performance – et de mettre en place les outils de pilotage correspondants. « La philosophie de la huitième directive européenne, sur la transparence, est de renforcer l’appel au comité d’audit et son pouvoir, analyse Bernard Montier. Pour le DAF, cela signifie mettre en place des outils qui vont lui permettre de rendre compte, en particulier de démontrer comment il va atteindre ses objectifs, comment il a pris en compte les risques. Un des grands intérêts du « Fast Close » est bien de libérer du temps et des ressources autrefois dilapidés dans des tâches à faible valeur ajoutée durant des clôtures trop longues. Et de redonner ce temps aux directions comptables pour qu’elles mettent en perspective l’information financière au profit de toute l’entreprise, à commencer par les responsables de sa gestion financière ».

Les vertus d’un projet « fast close » pour l’ensemble des sociétés, quelles soient cotées ou non (source BMA)

  • Fournir l’information de gestion pertinente à la direction générale et aux responsables opérationnels ;
  • Maitriser les écarts entre performance réelle et prévue ;
  • Valoriser les compétences du management ;
  • Améliorer l’image de la société et garantir sa réputation financière ;
  • Clôturer sans délai est un indicateur de performance pour les investisseurs.





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