Dans la période d’incertitude économique que nous traversons depuis deux ans, le besoin d’obtenir régulièrement une vision consolidée de la situation financière et de l’activité a été ressenti par la plupart des dirigeants. Dans ce contexte, et aussi pour mieux se préparer au passage obligé de la clôture des comptes, les entreprises se sont progressivement organisées pour être en mesure de réaliser des arrêtés trimestriels, voire mensuels pour certaines. De fait, la clôture annuelle et légale pourrait bientôt devenir un non-événement.
L’expression « clôture rapide des comptes » n’ayant jamais rencontré un grand succès, le petit nom de ce nouvel eldorado visé par les directions financières ou imposé par les dirigeants (ou actionnaires) est devenu : « le fast close ». Pour bien comprendre cette notion, il faut avoir à l’esprit que les deux termes ont autant d’importance l’un que l’autre…
En ce qui concerne le closing – la clôture de l’exercice fiscal, il s’agit bien avant tout d’une obligation, qui permet aux administrations concernées de disposer d’une photographie à date des comptes de l’entreprise et, sur cette base, de calculer ce qu’elle devra verser comme taxes et comme impôts.
Le qualificatif « fast », rapide, mérite lui aussi plusieurs commentaires. On peut tout d’abord se demander à partir de quand il est pertinent de l’utiliser, ou si trop de « fast » n’engendre pas à terme une baisse de la qualité de la données, ou une moindre vigilance dans le contrôle interne. En France, la grande majorité des entreprises achève la clôture dans un délai supérieur à 60 jours après l’arrêté des comptes. La logique veut donc que l’on parle de « fast close » lorsque ce délai est ramené à moins de 30 jours. Les enjeux, notamment financiers, étant importants, la réduction de la durée de la clôture ne peut en effet, en aucun cas s’accompagner d’une baisse de la qualité de l’information financière.
Quoi qu’il en soit, cette période de closing annuel est bien souvent génératrice d’un stress intense pour les responsables financiers, la direction générale…et, par voie de conséquence, pour l’ensemble de l’entreprise, dont les directions opérationnelles auprès desquelles on doit collecter les informations de clôture.
En faire un non événement et un outil de gestion
Plusieurs évolutions ont changé la donne au cours des dernières décennies. C’est notamment le cas pour les entreprises cotées en bourse, qui doivent pouvoir fournir un arrêté des comptes chaque trimestre. Pour ce faire, elles se sont dotées de solutions informatiques de plus en plus puissantes et, dans le même temps, ont fait du travail de clôture un sujet transverse, impliquant l’ensemble de l’entreprise et, au-delà, ses principaux partenaires, dont les commissaires aux comptes.
Aujourd’hui, on constate ainsi que de nombreuses grandes entreprises sont en mesure de réaliser des arrêtés des comptes mensuels, qui peuvent être disponibles à « J+2 » par rapport à la date butoir. Une forme de compétition s’est même instituée entre les entreprises pour fournir ces données dans des délais de plus en plus courts. Certaines en arrivent à recourir à des artifices consistant, par exemple, à arrêter le mois au 25 pour être les premières à communiquer.
S’il n’est pas encore réaliste de parler de « closing continu », on peut parler d’un processus actif tout au long de l’année, avec en quelque sorte plusieurs « répétitions générales », qui tend à faire de la clôture annuelle un non événement. Le stress supplémentaire lié à la clôture légale se limite alors aux aspects juridiques, à la préparation des liasses fiscales, à la rédaction des documents comptables, aux rapports de gestion et aux audits des comptes… ce qui est déjà bien suffisant ! Au final, les grandes entreprises sont désormais capables de réaliser ces différents travaux dans un délai de deux mois après la date de l’arrêté, alors que la législation leur donne six mois pour le faire.
Enfin, l’évolution des outils de gestion et l’introduction des technologies web 2.0, facilitent la collaboration dans l’entreprise et permettent de fluidifier les processus transversaux, ce qui devrait rendre possible la diffusion de ces bonnes pratiques à l’ensemble des entreprises qui souhaitent disposer d’une vision consolidée à dates régulières dans l’année, dans un avenir proche.
Sur le même sujet, regardez le témoignage vidéo d’Olivier Mesuré, responsable comptable de l’hôtel Le Meurice, et de Richard Empleton, Contrôleur Financier du Plaza Athénée.



